Je voudrais vivre un peu plus bas
cesser de croire qu’à mi-chemin entre le ciel
et la terre des hommes l’air a un autre goût
ça n’est pas vrai
il a un goût de microparticules une saveur de sueur
qui aurait tourné vinaigre ça râpe en bouche comme
un mauvais vin les mots même en prennent haleine
moi je voudrais juste prendre une chaise
la poser au printemps des relations humaines très bas
à hauteur de pots d’échappement sentir mes semelles
compensées au ventre du trottoir saisir des mots de
caniveau qu’on ne voit pas d’en haut